À retenir
- Les changements liés à la grossesse facilitent la stagnation de l’urine et augmentent le risque d’infection urinaire.
- Pendant la grossesse, une infection urinaire doit être traitée même si elle ne provoque aucun symptôme.
- En cas de symptômes ou de bandelette positive, l’ECBU est indispensable et la bandelette seule ne suffit pas.
- Sans symptôme, la surveillance repose le plus souvent sur une bandelette mensuelle à partir du 4e mois, avec un ECBU si elle est positive.
- Un ECBU de contrôle après le traitement et une surveillance urinaire régulière sont prévus jusqu’à l’accouchement.
- Une fièvre pendant la grossesse justifie un avis sans délai ; une infection du rein demande une évaluation médicale le jour même.
Les infections urinaires pendant la grossesse sont fréquentes et ne se présentent pas toujours comme une cystite classique. Un examen des urines peut repérer une bactérie avant même l’apparition de brûlures ou de douleurs. C’est pourquoi le suivi repose sur des analyses et une prise en charge adaptées à votre situation.
Pourquoi la grossesse favorise les infections urinaires
Au fil de la grossesse, les changements hormonaux relâchent les muscles des voies urinaires. L’utérus qui grandit peut aussi exercer une pression sur la vessie et les uretères, les conduits qui transportent l’urine vers la vessie. L’urine peut alors s’écouler moins facilement ou stagner davantage, ce qui facilite la multiplication des bactéries.
La bactérie la plus souvent en cause est Escherichia coli, présente naturellement dans l’intestin. Comme pour une cystite habituelle, elle peut remonter par l’urètre jusqu’à la vessie. La grossesse est considérée comme un facteur de risque de complication : une infection peut remonter vers les reins et provoquer une pyélonéphrite.
Une autre particularité est la présence de bactéries dans les urines sans gêne ni douleur. On parle alors de bactériurie asymptomatique, parfois appelée colonisation gravidique. En dehors de la grossesse, ce résultat ne conduit généralement pas à un traitement, mais pendant la grossesse il doit être pris en charge, car l’infection peut évoluer.
Quels symptômes doivent vous alerter ?
Une cystite peut provoquer des brûlures en urinant, des envies fréquentes ou pressantes, une douleur dans le bas du ventre et parfois des urines troubles ou malodorantes. Il peut aussi y avoir du sang dans les urines. Ces signes ne suffisent pas à confirmer une infection, car d’autres causes peuvent produire des symptômes proches.
Les envies d’uriner plus fréquentes peuvent aussi faire partie des changements habituels de la grossesse. En revanche, des brûlures, une douleur ou une difficulté nouvelle à uriner justifient un avis médical rapide, idéalement le jour même. Vous pouvez consulter notre page sur les symptômes de la cystite pour mieux reconnaître les signes, sans remplacer un avis médical.
| Signe | Ce qu’il peut évoquer | Que faire pendant la grossesse |
|---|---|---|
| Brûlures, envies pressantes, douleur en bas du ventre | Une infection urinaire basse, entre autres causes | Avis médical rapide, idéalement le jour même ; l’ECBU est indispensable |
| Bandelette urinaire positive | Une possible infection urinaire, même sans symptôme | Faire un ECBU, indispensable pour confirmer l’infection |
| Bactérie retrouvée à l’ECBU sans symptôme | Une bactériurie asymptomatique | Suivre la prise en charge prescrite par le professionnel de santé |
| Fièvre, frissons, douleur dans le dos ou sur le côté | Une possible infection du rein | Avis médical sans délai en cas de fièvre pendant la grossesse ; évaluation le jour même si une infection du rein est suspectée |
Une cystite, quelle qu’elle soit, ne donne pas de fièvre. Une fièvre pendant la grossesse justifie un avis médical sans délai. Une douleur dans le dos ou sur le côté, des frissons ou des vomissements peuvent évoquer une infection du rein, qui demande une évaluation médicale le jour même.
Comment dépister une infection urinaire ?
En cas de symptômes ou de bandelette urinaire positive, l’ECBU, ou examen cytobactériologique des urines, est indispensable. Il recherche des bactéries et permet de savoir à quels antibiotiques elles sont sensibles. La bandelette seule ne suffit pas pendant la grossesse.
Sans symptôme, la surveillance repose le plus souvent sur une bandelette urinaire mensuelle à partir du 4e mois de grossesse, complétée par un ECBU si elle est positive. Un ECBU régulier est proposé d’emblée aux femmes à risque, notamment en cas d’antécédents de cystites récidivantes, d’anomalie urinaire ou de diabète.
Pour le prélèvement, lavez-vous les mains, faites une toilette locale selon les consignes du laboratoire, puis éliminez le premier jet d’urine. Recueillez la suite dans un flacon stérile, sans toucher l’intérieur, et transmettez-le au laboratoire selon ses consignes. Les consignes exactes peuvent varier : suivez celles qui vous sont données. Pour en savoir plus, consultez notre guide pratique pour réaliser un ECBU.
En cas de symptômes, demandez un avis médical rapide, idéalement le jour même. Le professionnel vous indiquera comment et quand faire le prélèvement et pourra débuter un traitement sans attendre le résultat. Si possible, l’échantillon est recueilli avant la première prise d’antibiotique. Le professionnel pourra ensuite tenir compte de l’ECBU et de l’antibiogramme, qui précise les antibiotiques actifs sur la bactérie retrouvée.
Quel traitement pendant la grossesse ?
Une infection urinaire confirmée pendant la grossesse doit être traitée, même en l’absence de symptômes. Le choix de l’antibiotique dépend notamment du résultat de l’ECBU, de l’antibiogramme, du terme de la grossesse et de votre situation médicale. Un professionnel de santé vérifie que le traitement est adapté à la grossesse et vous indique la durée à respecter.
La fosfomycine-trométamol peut être utilisée en première intention dans certaines situations, parfois avant que l’antibiogramme soit disponible. Il ne s’agit pas d’une prescription à faire soi-même : le professionnel décide si cette option convient ou si un autre antibiotique est préférable. Pour comprendre les principes de prise en charge, vous pouvez lire notre page sur les traitements de la cystite.
Ne prenez pas un antibiotique restant d’une ancienne ordonnance et ne réutilisez pas le traitement d’un proche. N’arrêtez pas non plus le traitement de vous-même dès que vous vous sentez mieux. Si vous avez oublié une prise, vomi après la prise ou rencontré un effet indésirable, demandez conseil au professionnel qui vous suit ou à un pharmacien.
Le contrôle et la surveillance après le traitement
La prise en charge ne s’arrête pas forcément à la fin de l’antibiotique. Un ECBU de contrôle est réalisé après le traitement pour vérifier que l’infection a disparu. Le professionnel vous précisera le moment adapté pour le faire, car il dépend de la situation et de l’organisation du suivi.
Une surveillance urinaire régulière est également prévue pendant la grossesse, jusqu’à l’accouchement. Elle permet de repérer une nouvelle bactérie dans les urines, même si vous n’avez aucun signe. La fréquence des examens est déterminée par l’équipe qui suit votre grossesse, en fonction de vos résultats et de vos antécédents.
Reconsultez si les symptômes persistent ou s’aggravent après 3 jours de traitement, ou s’ils récidivent dans les 2 semaines : un ECBU est indiqué. Ne reprenez pas seule le même antibiotique.
Fièvre et douleur dans le dos : quand demander un avis ?
Une fièvre à partir de 38 °C, des frissons et une douleur dans le dos ou sur le côté, souvent d’un seul côté, peuvent signaler une pyélonéphrite. Des nausées ou des vomissements peuvent aussi survenir, avec ou sans brûlures urinaires. Une fièvre pendant la grossesse justifie un avis médical sans délai ; une infection du rein demande une évaluation médicale le jour même.
Décrivez clairement au professionnel que vous êtes enceinte et indiquez le terme de votre grossesse. Il pourra demander un ECBU et décider du traitement, d’examens supplémentaires ou d’une hospitalisation selon votre état. Pour mieux comprendre cette infection du rein, consultez notre page sur la pyélonéphrite.
En cas de malaise intense, de confusion, de somnolence inhabituelle, de respiration rapide, de peau marbrée ou d’absence d’urines, appelez le 15 ou le 112. Si vous ne pouvez pas uriner malgré une forte envie, rendez-vous aux urgences ou appelez le 15 sans attendre.
Ce que vous pouvez faire, et ce qu’il vaut mieux éviter
Buvez régulièrement selon votre soif et les conseils reçus pendant votre grossesse. Ne vous retenez pas longtemps d’uriner et allez aux toilettes quand le besoin se présente. Ces gestes soutiennent le confort urinaire, mais ne guérissent pas une infection et ne remplacent ni l’ECBU ni le traitement prescrit.
Évitez les douches vaginales, les produits intimes irritants et les toilettes répétées, qui peuvent perturber l’équilibre local. Les gestes de prévention, comme s’essuyer d’avant en arrière ou uriner après un rapport, peuvent être utiles, mais ne garantissent pas l’absence d’infection. Retrouvez d’autres gestes de prévention à discuter avec votre professionnel de santé.
Ne comptez pas sur la canneberge, le D-mannose, les tisanes, les huiles essentielles ou d’autres remèdes non validés pour traiter une infection pendant la grossesse. Leur efficacité et leur innocuité ne sont pas établies pour cette situation, et certains produits peuvent présenter des risques. Demandez conseil avant de prendre un complément ou une préparation à base de plantes.
Ce qu’il faut retenir
Pendant la grossesse, un ECBU est indispensable en cas de symptômes ou de bandelette positive. Sans symptôme, la surveillance repose le plus souvent sur une bandelette mensuelle à partir du 4e mois, avec un ECBU si elle est positive ; les femmes à risque se voient proposer un ECBU régulier. Toute infection confirmée doit être traitée par un professionnel, puis contrôlée par un nouvel examen des urines. Une fièvre pendant la grossesse justifie un avis sans délai.
Questions fréquentes
Une infection urinaire sans symptôme est-elle dangereuse pendant la grossesse ?
Une bactérie dans les urines sans aucun symptôme ne rend pas malade dans l’immédiat, mais elle doit être prise en charge pendant la grossesse, car sans traitement elle peut atteindre les reins. La surveillance repose le plus souvent sur une bandelette urinaire mensuelle à partir du 4e mois, puis un ECBU si elle est positive. Un ECBU régulier est proposé d’emblée aux femmes à risque.
Une cystite pendant la grossesse peut-elle faire du mal au bébé ?
Une cystite traitée rapidement n’entraîne en général pas de problème pour le bébé. En revanche, une infection non prise en charge peut remonter vers les reins et compliquer la grossesse. C’est pour cela qu’il faut faire analyser les urines, suivre le traitement prescrit et réaliser l’ECBU de contrôle demandé.
Peut-on prendre de la fosfomycine quand on est enceinte ?
La fosfomycine-trométamol peut être utilisée dans certaines situations pendant la grossesse, notamment en première intention selon le contexte. Le choix dépend du résultat des urines, du terme et de votre état de santé. Ne la prenez pas sans avis : un professionnel doit confirmer que ce traitement et sa durée conviennent.
Faut-il refaire un ECBU après le traitement ?
Oui, un ECBU de contrôle est prévu après le traitement d’une infection urinaire pendant la grossesse. Il vérifie que les bactéries ont disparu. Le professionnel qui vous suit vous indiquera quand effectuer le prélèvement. Une surveillance régulière des urines se poursuit ensuite jusqu’à l’accouchement, selon le suivi mis en place.
Quand faut-il consulter en urgence pour une infection urinaire enceinte ?
Une fièvre pendant la grossesse justifie un avis médical sans délai. Des frissons, une douleur dans le dos ou sur le côté, ou des vomissements peuvent évoquer une infection du rein, qui demande une évaluation médicale le jour même. En cas de malaise intense, de confusion, de respiration rapide ou d’absence d’urines, appelez le 15 ou le 112.



